Lettre à mes fils qui ne verront jamais la Yougoslavie, première édition, Isoète, mai 1997

« Aline Apostolska, arrivée de sa Macédoine natale à 5 ans, en 1966, et qui a consacré toute son énergie à être française, n’a pas pu, finalement, s’empêcher de se souvenir. La revanche des racines. Une revanche qui a été déclenchée par le «camion fou» de la guerre. Alors, dit-elle, «pour la première fois en trente-quatre ans, j’ai su que «venir de là-bas» avait un sens, et que ma vie,toute ma vie, en découlait. C’est mon talon d’Achille, mais c’est aussi ma chance.»

C’est aussi notre chance. Car Aline Apostolska, sous couvert d’une lettre à ses fils, nous donne un livre précieux, intelligent, aussi attachant que sensible. Après avoir été tant refoulés, ses souvenirs remontent à la surface, souvenirs visuels, olfactifs, gustatifs, tous irrigués par ces cours d’eau contradictoires que sont que leVardar, la Neretva, le Danube, la Drina, souvenirs de Belgrade la froide, de Sarajevo et de ses bogomiles, de Skopje, de la Dalmatie, souvenirs vivants de « ces fous de Yougoslaves qui ont cru qu’on pouvait bâtir un pays sur l’amour de la différence d’autrui.» Un beau livre.»

JACQUES AMALRIC, Libération, 25 juillet 1997

«L’écriture conjure ici l’épreuve de la dispersion. Car l’exi, surtout précoce, efface la complainte des lilas bleus de Sarajevo». Hier engloutie, «l’autre rive» est aujourd’hui morcelée. Il ne reste à Aline Apostolska de sa Macédoine natale qu’une mosaïque de souvenirs, et ces quatorze chapitres déclinent les figures et les fleuves de l’enfance ; avec, en guise de pilotis, ses marchés, ruelles, ou escaliers, et, pour unique Terre promise, la France : toujours, les lieux de l’échange. Selon un tracé sinueux, une «Yougoslavie intérieure» peut émerger. Il ressort de cette singulière traversée un éloge de la dérobade, ou des plaisirs adultérins ; oui, « rarement livre fut plus voyageur ».

B.L.C – Le Monde, 18 juillet 1997

«On en voudrait encore de ce petit livre d’une Franco-Yougoslave déracinée, où la nostalgie du pays perdu ne tourne heureusement jamais à la morale politique.»

Le Nouvel Observateur, du 24 au 30 juillet 1997

«Terre Natale ? Qui sait encore ce que cela signifie dans ce monde de nomades technologiques si cher à quelques conseillers des grands ? Peut-être faut-il l’avoir quitté un jour de tendre enfance et la retrouver quelques décennies plus tard, en guerre, pour pouvoir la raconter comme nul autre. Car après la guerre, ce n’est pas la guerre que retient Aline Apostolska, mais cette terre mystérieuse qui l’habite, cette terre qui avait vu s’unir ses grands-parents, Teodor l’orthodoxe sujet du sultan, grandi sur les berges du Vardar, et Bernarda la catholique herzégovine, austro-hongroise née sur les berges tumultueuses de la Neretva. C’est cette histoire qu’avec amour Aline Apostolska raconte pour ses fils français. Rarement un auteur aura autant su faire éprouver quelque chose du mystère de cette terre balkanique, quelque chose capable de prévenir l’impression rebutante d’un monde trop complexe pour le comprendre. Pourtant quand on referme ce petit livre qui se lit avec délectation comme on boit un verre de rakij, on a le sentiment qu’il en restera toujours quelque chose. Un art de vivre presque oublié.»

JEAN-FRANÇOIS BOUTHORS, La Croix du 5 août 1997

Retour à la page précédente